Chaque rentrée ressemble un peu à un passage en revue. On regarde ce qu’on a construit, ce qui fonctionne, ce qui aurait pu être fait autrement. Et on se demande : si je repartais de zéro aujourd’hui, qu’est-ce que je garderais ? Qu’est-ce que je changerais ?
Mon site existe depuis un moment. Il a évolué, été retravaillé, amélioré par couches successives. Je l’aime bien. Mais avec le recul, quelques choix me semblent aujourd’hui évidents, et je ne les aurais pas forcément faits de la même façon au départ.
Voici ce que je ferais différemment si je repartais d’une page blanche.
Je commencerais par le contenu, pas par le design
C’est le piège classique du développeur qui crée son propre site : on commence par le visuel, les animations, l’identité graphique. Le contenu arrive après, presque en dernier. Et souvent, il ne correspond pas tout à fait à la structure qu’on a construite.
Aujourd’hui, je commencerais par les textes. Qui je suis, ce que je fais, pour qui, avec quels résultats. Ces réponses définissent la structure du site bien mieux que n’importe quelle maquette. Le design vient ensuite, au service du message, pas l’inverse. C’est d’ailleurs le principe que Sullivan résumait en trois mots dès 1896 : form follows function.
Un site de freelance ou d’indépendant, c’est avant tout un outil de conviction. Et convaincre, ça passe par les mots.
Je lancerais ma page d’actus dès le départ
Ma page d’actus est arrivée relativement tard sur le site. C’est une erreur que je referais différemment. Pas parce que j’avais quelque chose d’urgent à dire, mais parce que le référencement naturel, lui, n’attend pas.
Chaque article publié, c’est une porte d’entrée supplémentaire vers le site. Une question que quelqu’un a tapée sur Google, et à laquelle mon contenu peut répondre. Ce capital se construit lentement, article après article, et il ne se rattrape pas en quelques semaines.
Si j’avais commencé à publier régulièrement dès le lancement, mon référencement serait aujourd’hui bien plus solide. C’est une dette que j’ai mise du temps à combler. Et c’est un sujet sur lequel j’ai d’ailleurs écrit un article entier, si vous voulez aller plus loin.
Je soignerais les pages légales dès le premier jour
Mentions légales, politique de confidentialité, gestion des cookies. Ces pages sont souvent bâclées, copiées-collées d’ailleurs, ou tout simplement absentes sur les premiers sites qu’on lance.
Pourtant, elles ont un impact réel. Sur la confiance des visiteurs d’abord, notamment des prospects professionnels qui vérifient ces informations avant de signer un devis. Sur le référencement aussi, Google appréciant les sites qui affichent clairement leurs informations légales. Et bien sûr sur la conformité RGPD, qui n’est pas une option mais une obligation.
En France, la CNIL rappelle régulièrement que le consentement des utilisateurs doit être recueilli clairement, notamment pour les cookies de mesure d’audience et les trackers publicitaires. Un site sans ces pages, ou avec des pages copiées d’un autre site sans adaptation, n’est pas conforme.
Aujourd’hui, ces pages font partie intégrante de chaque site que je livre à un client. J’aurais dû me l’appliquer à moi-même plus tôt.
Je construirais le site pour le mobile en premier
Mobile first, c’est un principe que tout développeur connaît. C’est aussi le principe qu’on oublie le plus facilement quand on travaille sur un grand écran.
Concevoir en partant du mobile oblige à faire des choix. Qu’est-ce qui est vraiment essentiel ? Qu’est-ce qu’on peut retirer sans perdre de contenu ? Ces contraintes produisent souvent de meilleures interfaces que la liberté totale d’un grand écran.
Google indexe désormais les sites en priorité depuis leur version mobile : un site conçu d’abord pour le mobile est presque toujours plus sobre, plus rapide et plus lisible qu’un site desktop qu’on tente d’adapter après coup.
Je ne changerais pas tout à la fois
C’est peut-être la leçon la plus importante. Un site n’est pas un projet qu’on termine, c’est un outil qu’on entretient. La tentation de tout refaire en une fois est forte, régulièrement. Nouvelle identité graphique, nouvelle architecture, nouveaux textes, nouvelle page d’actus.
En réalité, les améliorations progressives sont presque toujours plus efficaces. Une page retravaillée, un article publié, une section clarifiée. Ces petits gestes s’accumulent, et leur effet se mesure sur la durée.
Le meilleur site n’est pas celui qui est parfait au moment du lancement. C’est celui qui continue d’évoluer, discrètement, régulièrement, dans la bonne direction. C’est d’ailleurs exactement ce dont parle mon article sur la maintenance : un site bien entretenu travaille pour vous en silence, pendant que vous travaillez sur autre chose.
Vous souhaitez repartir sur de bonnes bases avec votre site WordPress ?